« j’ai l’impression de répéter toujours la même chose », « ils ne comprennent rien »…
Si vous entrez bientôt en formation,
Ou si vous êtes jeunes diplômés,
Vous allez sans doute vivre ce sentiment.
Vous avez envie d’encadrer des élèves mais vous vous sentez (ou vous allez vous sentir) frustrés.
Frustrés car vous avez l’impression que les cavaliers, notamment les enfants et ados, n’appliquent pas ce que vous leur dites.
Ne vous en faites pas,
Ça va venir avec l’expérience !Au début de sa carrière,
C’est difficile de trouver le « bon ton » ou la « bonne attitude » à avoir.
Soit on est trop gentil, et on se laisse marcher dessus.
Soit on est trop rigide, on s’agace, et on ne se fait pas écouter.
Au final,
Personne ne passe un bon moment.
Alors voici comment j’entame un début de stage avec des enfants et ados.
(Je ne dis pas que ce que je fais est parfait mais avec cet état d’esprit je n’ai encore renvoyé personne chez lui, et personne ne m’a donné envie de démissionner !)
« Bonjour tout le monde, moi c’est Hélène, c’est moi qui vous encadre cette semaine (avec le sourire et un petit air gentiment maléfique).
Est-ce que vous êtes au top de votre forme et prêts à passer une super semaine ? (Sur un air plein d’entrain. J’écoute et surtout j’observe déjà si certains visages sont crispés ou s’il y a des « vedettes ». Mine de rien, ça va me permettre d’adapter les montures.)
Je vais prendre maintenant vos prénoms. (Lorsqu’ils me les donnent, je les regarde bien et me concentre pour associer leur prénom à leur visage. 1 point pour moi si je retiens bien leur prénom. Et je refais tout de suite le tour pour voir si j’ai bien retenu en mettant l’ambiance « Attention Hélène, concentration maximale… suspense… » et là je redonne les prénoms.)
Alors quelques petites choses avant de commencer à aller voir les poneys. (Sur un ton beaucoup plus sérieux).
A votre avis, est-ce que les poneys aiment lorsqu’il y a beaucoup de bruit, ou est-ce qu’ils préfèrent quand leur environnement est calme ? (Ils me répondent : « calme », bien entendu. Et comme ça, si jamais dans la semaine l’ambiance s’échauffe, je leur demande : « hop hop hop, vous m’aviez dit quoi en début de semaine ? Que les poneys préféraient quand c’était bruyant ou… ? » le fait de leur faire dire le mot « calme », ils vont automatiquement baisser d’un ton.)
Exactement, vous êtes au top (sur un ton où je suis fière d’eux. Puis j’explique les règles de sécurité et surtout pourquoi il faut les respecter.) » ![]()
En fait ce que je cherche, c’est d’installer les élèves dans une relation où ils se sentent encadrer et protéger. Ils doivent sentir que je suis là pour les aider à évoluer, et que pour ça, il va falloir m’écouter et respecter les consignes. Ils doivent me voir comme quelqu’un qui va les tirer vers le haut et non potentiellement les rabaisser s’ils font une erreur.
A ces âges, ils sont beaucoup dans l’affectif, mieux vaut être de leur côté que contre eux d’entrée de jeu.
Le conseil que je donne parfois à des personnes qui me contactent car elles ont du mal à se faire écouter, c’est : lorsque tu donnes des consignes aux enfants, donne leur presque envie qu’ils fassent les choses pour te faire plaisir. Quitte à leur dire : « Ca me ferait vraiment plaisir que le matériel soit bien ranger. Ça sera agréable pour les cavaliers suivants et les poneys seront contents d’avoir leur mors propre », par exemple.
Bien sûr,
L’essentiel est avant tout d’avoir l’envie profonde de faire progresser des cavaliers. Si vous n’avez pas cette motivation ça devient compliqué.
Et n’oubliez pas qu’eux se sont inscrits pour passer une bonne semaine, et ce n’est pas leur problème ni celui des poneys si vous n’aimez pas les enfants ou ce que vous faites.
Hélène
