« Ecoutez des centaines de fois. Réfléchissez des milliers de fois. Ne parlez qu’une fois ».
Un jour j’ai participé à un congrès.
C’était une journée dédiée aux enseignants d’équitation et animée par un grand cavalier.
Il a parlé, beaucoup parlé.
Mais je n’y voyais rien de concret et rien d’adaptable pour nous qui sommes face à des cavaliers de centre équestre.
Il s’en ai suivi un temps où nous pouvions lui poser des questions.
J’ai demandé quel conseil il pouvait nous donner pour rester motivé dans ce métier et y faire carrière.
Je trouvais ma question pas si débile que ça au vu de la durée de vie d’un enseignant une fois diplômé.
Il m’a répondu : »Bah, la passion! » (d’un air condescendant).
J’attendais une suite du style « Fixez des objectifs à vos élèves, échangez entre professionnels, montez au moins une fois par semaine, … »
Mais il n’y en a pas eu.
D’une, je n’ai pas eu de réponse à ma question, cela ne m’a rien apporté,
(Je savais déjà qu’il fallait être passionné hein^^)
Et de deux,
J’ai eu l’impression de passer pour une fille bête, et il est clairement redescendu dans mon estime.
Avec le recul,
Je me rend compte que ce qui m’a agacé c’est qu’il déblatérait son savoir sans nous écouter et sans se préoccuper de savoir si ça nous apportait quelque chose.
Et je me dit qu’il faut vraiment faire attention à ne pas être comme ça avec nos élèves.
Il vaut mieux être intéressé qu’intéressant.
Quand j’emploie le mot « intéressé » j’entends par là, une curiosité bienveillante.
Pour ma part,
J’essaie de m’intéresser à ce que mes cavaliers pensent, ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils ont envie.
Tout d’abord parce que ça me préoccupe vraiment et parce que j’apprécie de connaitre leurs aspirations, leurs espoirs mais aussi leurs peurs ou doutes.
Et ça me permet aussi d’adapter mon attitude et mon langage selon les profils de cavaliers.
Je me dis aussi que lorsque l’on se sent écouté, nous sommes plus enclin à donner notre confiance et à avoir envie de se surpasser.
Je pars du principe que plus nous connaissons nos élèves, plus nous pouvons être pertinent.
Le questionnaire de début d’année que je leur transmets (et que vous pouvez télécharger gratuitement sur la boutique en ligne) est un indispensable pour moi.
Si je sais ce que veulent mes cavaliers, je peux mieux les accompagner pour que leur passion reste intacte et qu’ils progressent.
J’aime entendre « Ah j’avais hâte d’être à samedi! »
Le but final est bien de passer de bons moments grâce aux chevaux, que ce soit de notre côté ou ceux des cavaliers.
Mettre en avant son savoir sans écouter n’est pas utile pour espérer une relation agréable et pérenne dans le temps.
Mieux vaut mettre son savoir au service de sa cavalerie et de ses cavaliers après avoir pris connaissance de leurs attentes.
Ce n’est pas la taille de notre prétention qui compte mais l’écoute et la pertinence de nos propos.
C’est ainsi que l’on peut satisfaire sa clientèle et être satisfait de soi.
Hélène
P.S: Vous pouvez retrouver les exercices, fiches péda et programmes annuels sur https://equicoachmoniteur.kneo.me/shop
